Satyre ménippée






Cliquez pour zoomer

240 p.
format : 115 x 165

ISBN
978-2-86272-545-1

date de parution : 29/04/10

10.00

Titre : Satyre ménippée

Éditeur(s) critique : Martial MARTIN

Résumé :

Rares sont les œuvres littéraires qui ont laissé une telle empreinte dans l’Histoire ; la Satyre ménippée a, dit-on, permis à Henri IV de devenir roi. Pour y parvenir, elle a su imposer une vision forte et nouvelle de la nation France, libérée d’une référence étroite au catholicisme, une construction monarchique inouïe sous couvert de la tradition, une fiction de circonstance tout de suite portée à la hauteur d’un mythe commun et étonnamment encore ardente quatre siècles plus tard.


Depuis l’assassinat d’Henri III, l’avenir du pays est, comme le sort des armes, indécis. En 1593, les ligueurs ultra-catholiques, hostiles à l’accession au trône d’Henri de Navarre, un « hérétique relaps », réunissent les états généraux pour élire le plus apte d’entre eux à régner sur la France. Jouant sur les infâmes dogmatismes, les ambitions éhontées et les manœuvres les plus cyniques et les plus grossières qui s’y étalent au grand jour, un manuscrit circule, mordant, acerbe, sarcastique comme jamais, n’hésitant pas à dénoncer nommément les plus hauts responsables du mouvement, à travers des harangues qu’ils sont censés prononcer successivement lors des états et qui dévoilent, sous les couleurs de l’éloge ironique, leurs plus noires motivations. Dans sa lignée, mais plus polie, davantage nourrie de la culture et des lettres humanistes, plus plaisante, la Satyre ménippée sort des presses royales : les qualités littéraires qui s’expriment dans une amplification des discours, parfois en latin ou en italien, dans un pittoresque nouveau, une carnavalisation accentuée, une référence renforcée à Rabelais ou encore dans l’interpénétration du vers et de la prose en assurent le succès pour longtemps.


Du xviie au xixe siècle, cette œuvre ne laisse de constituer une référence politique fondamentale. En outre, elle garde, pour nous encore, comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature satirique, sa pleine place entre Rabelais et Les Provinciales.